Michel Régnaud

Michel Regnaud de Saint-Jean d’Angély, né à Saint-Fargeau le 3 novembre 1760 et mort à Paris le 11 mars 1819, est un homme politique, avocat et journaliste, député aux États généraux, conseiller et ministre d’État sous l’Empire, comte d’Empire, membre de l’Académie française.
Sa famille maternelle possédait des biens à Saint-Jean-d’Angély. Il est le père du maréchal Auguste Regnaud de Saint-Jean d’Angély.
Le futur député et ministre de Napoléon quitte encore enfant son Orléanais natal, et s’en va vivre en Saintonge avec ses parents, à Saint-Jean-d’Angély. En 1771, il est envoyé à Paris et intègre le collège du Plessis-Sorbonne avec Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau. Il est obligé d’arrêter ses études et de s’engager comme lieutenant de la prévôté de la marine à Rochefort, car son père, devenu aveugle, ne peut plus assurer la vie de la famille.
En 1784, il est reçu conseiller-avocat du roi en la sénéchaussée de Saintonge. Il ouvre un cabinet d’avocat à Rochefort et se pose aussitôt en défenseur des faibles et des opprimés : le succès est immédiat.
Le décès de son père le rappelle à Saint-Jean-d’Angély. Là, il participe à la rédaction des cahiers de doléances du tiers état de la province de Saintonge, qui l’élit aux États généraux de 1789.

Sous la révolution.
Député du tiers état pour Saint-Jean-d’Angély, il ajoute Saint-Jean d’Angély à son nom pour se démarquer de plusieurs homonymes, dont un procureur au parlement de Paris, et il siège dans le groupe des « conciliateurs » qui s’efforcent d’accorder les idées nouvelles avec celles de la monarchie. Il crée le Journal de Versailles dont il est le principal rédacteur en 1789 puis, en 1791, il collabore à divers journaux dont le Journal de Paris où il se lie d’amitié avec André Chénier, et l’Ami des patriotes, journal subventionné par la liste civile.

Admirateur de Necker, ami de sa fille Madame de Staël, il appartient à la mouvance libérale de 1789. Après la journée du 10 août 1792, son nom est compris dans une liste de proscription et il doit se cacher. Il manque plusieurs fois de se faire arrêter mais parvient de justesse à passer le cap de thermidor. Il trouve un asile chez les parents d’une jeune actrice dont il a un fils, Auguste Regnaud de Saint-Jean d’Angély, futur maréchal de France. La mère meurt en couches et Regnaud recueille l’enfant qu’il reconnaît et élève. Il épouse peu après, en août 1795, Laure Guesnon de Bonneuil, immortalisée par le pinceau de François Gérard.

Sous le directoire.
Nommé administrateur des hôpitaux de l’armée d’Italie, il y fait la connaissance de Bonaparte et lie son destin au futur empereur. En Italie, il est le corédacteur avec Napoléon Bonaparte du journal la France vue de l’armée d’Italie.
Regnaud suit Bonaparte en Italie en 1796 puis en Égypte, restant à Malte du 13 juin au 9 novembre 1798 comme commissaire du gouvernement français2. Devenu conseiller d’État, section de l’intérieur, après le 18 brumaire dont il contribue au succès, il a un rôle d’éminence grise ou de conseiller occulte : Napoléon avait reconnu ses qualités de juriste, sa culture politique et historique et sa facilité à rédiger des discours.

Michel Régnaud

Sous le consulat et l’empire.
Il s’occupe durant toute la période napoléonienne des relations du gouvernement avec le Sénat conservateur, se charge des affaires privées de la famille impériale : il est un des artisans du divorce avec Joséphine. À l’origine de nombreuses lois concoctées au Conseil d’État et qui sont entrées en vigueur par la suite, il participe activement à la préparation des codes napoléoniens. En échange de ses services, Napoléon le fait comte de l’Empire par lettres patentes du 24 avril 1808 et assure sa fortune. Entré à l’Académie française au fauteuil 8 en 1803, le comte Regnaud en est exclu en 1816.

Ayant accepté un portefeuille de ministre pendant les Cent-Jours, il est proscrit au retour des Bourbon et, frappé d’exil, il vit un an aux États-Unis. Gracié par l’ordonnance générale de 1819, il meurt la nuit même de son retour à Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (11e division).

 

Wikipedia.

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